Pour ceux qui viennent régulièrement sur mon blog, vous savez que de mes garçons sont nés avec les pieds bots varus équin bilatéraux...
Certains types de pieds bots sont liés à d'autres anomalies (comme la trisomie), mais dans le cas de mes garçons, il s'agit simplement de facteurs génétiques.
L'entité constituée par le "pied bot varus équin congénital" recouvre plusieurs catégories d'étiologies différentes.
Les unes, secondaires à une atteinte neuro-musculaire dont l'influence s'exerce pendant la vie intra-utérine, accompagnent des séquelles de fœtopathie représentées essentiellement par l'arthrogrypose, par des myélodysplasies liées à des dysraphismes médullaires dont la myélo-méningocèle est la forme la plus évidente, ou bien encore par certaines anomalies comme la maladie de Steinert.
Mais le "pied bot varus équin congénital" se rencontre aussi en dehors de toute affection neuro-musculaire. Il semble dépendre alors, au moins partiellement, de facteurs géniques sur lesquels Mau avait, dès 1927, attiré l'attention. R.Wynne-Davis en a étudié les différents aspects. Son enquête met en évidence un taux de récurrence de l'ordre de 3% au premier degré - soit d'environ 30 fois plus élevé que dans la population générale de race blanche - tombant à 0,60% et à 0,20% quand on passe respectivement aux parents du second degré et à ceux du troisième degré. Si l'on rapproche ces conclusions du résultat des confrontations gémellaires qu'a entreprises K. Idelberger et qui montrent un degré de concordance de 32,5 % chez les monozygotes contre 3 % pour les dizygotes, le " pied bot varus équin congénital dit idiopathique " apparaît comme un exemple d'hérédité multifactorielle où s'additionnent une prédisposition polygénique et des facteurs de milieu.
Ces chiffres cependant constituent des moyennes. C'est ainsi que, du fait d'un seuil plus bas dans le sexe masculin, le risque pour un deuxième enfant d'une même fratrie est de 2 % si le premier enfant touché est un garçon, et de 5 % s'il s'agit d'une fille . Mais surtout, étudiant la variation en fonction de l'atteinte d'un autre membre de la famille, Palmer fait ressortir un taux de récurrence au premier degré d'approximativement 1 % en l'absence d'histoire familiale, et de presque 10 % s'il y a une histoire familiale positive, le risque devenant même, selon R. Wynne-Davies [27], de 25 % pour un deuxième enfant quand, en plus d'un premier enfant, le père ou la mère se trouvent concernés. On peut donc penser qu'existent plusieurs variétés de pied bot varus équin congénital dit idiopathique. Les unes, rigides, dites intrinsèques, semblent liées à un arrêt de développement, avec un facteur génétique pouvant être fort, et les autres, souples et facilement réductibles, dites extrinsèques, provoquées principalement par une cause occasionnelle extérieure à l'individu, probablement de nature posturale, s'exerçant dans le milieu ambiant et pendant la vie intra-utérine.
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